Dans mes Cartons : Comme Chien et Chat… (1)
mar 11th, 2008 by S. Leannán
Aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais vécu en solitaire.
Il fut un temps où je vivais en communauté avec sept Chats – dont je n’avais réellement “choisi” qu’un seul, un tigré de l’Île de Man – et trois Chiens… entre autres Créatures à sang chaud…

(Pour la petite histoire… Ces deux-là, le Seigneur de l’Île de Man et la Diablesse Noire de la Gouttière, sont installés dans le panier à pain - ou, plus précisément, dans ce qui était, jusqu’alors, le panier à pain - sur une table de la cuisine. Quelques mois plus tôt, ils faisaient des efforts tout à fait remarquables pour me persuader qu’ils avaient l’un pour l’autre le plus profond mépris. Une douzaine d’années plus tard, lorsque la Dame Noire nous quitta pour rejoindre d’autres Camarades dans la Grande Prairie, le Seigneur aux Griffes de Titane se laissa dépérir. Le panier est quelque part, dans mon bureau…)
…
Notre co-habitation était des plus satisfaisantes, je crois, autant pour eux que pour moi, mais surprenait parfois certains de mes Visiteurs : ceux que je n’attendais pas et qui, eux-mêmes, ne s’attendaient pas à me trouver en telle Compagnie…
Il m’est ainsi arrivé de me trouver dans des situations variant du cocasse au franchement désagréable, qui réjouirent plus d’une fois nos “Familiers”. Après que je lui aie fait le récit d’une de nos expériences les plus mémorables, l’une de mes Amies me suggéra d’afficher, à ma porte, une Mise en Garde à l’usage de mes Visiteurs Inavertis… Ce que je fis.
J’ai retrouvé cette “affiche” en vidant quelques cartons, restés fermés depuis mon déménagement d’il y a… quelques années. En voici le texte.
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Avis à nos Visiteurs
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Je vis ici.
Les Chiens… idem.
Les Chats… aussi.
Vous… pas.
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Il y a plusieurs solutions possibles si vous tenez à éviter de ressortir d’ici avec quelques poils sur vos vêtements :
- Ne pas entrer.
ou
- Avant de repartir, utiliser l’une des brosses ou la chose cylindrique
auto-adhésive qui se trouvent sur l’étagère, à votre droite.
ou
- Vous dévêtir et laisser vos vêtements sur l’étagère de gauche.
NB : À ce stade, je déconseille la troisième solution.
…
J’aime les Quadrupèdes qui vivent avec moi davantage que la majorité de mes Congénères (cette phrase peut être interprétée de plusieurs façons; toutes sont exactes). Petits ou grands, j’ai pour eux, à la base, autant de respect que pour mes semblables; à la faveur d’une plus grande connaissance de leurs qualités et défauts respectifs, cette proportion peut varier notablement.
S’il vous vient à l’idée d’objecter que ce sont, pour vous, des Animaux, sachez qu’il en est de même pour moi : nous sommes tous, eux, vous, moi, des Animaux; c’est scientifiquement reconnu.

(Une autre “petite” histoire… Les deux Félidés précités se “détestaient” si cordialement que mes tentatives de contraception, sur la personne de la Dame Noire, s’avérèrent… tardives… Elle est tout à droite, sur cette photographie, allaitant leur Progéniture sous le nez d’un autre “Récupéré”, Robin Hood, un Cocker Américain qui avait alors près de douze ans. Il avait vécu dans un chenil jusqu’à son arrivée chez nous; aveugle depuis des années, il ne sut jamais à quoi ressemblait un Chat… mais après avoir servi de Nounou à Madame, il remplit également cet honorable office auprès de ses Enfants…)
…
Si vous croyez qu’ils ne pensent pas, sachez que vous avez tort : nous avons toutes les preuves du contraire, depuis des siècles.
Si vous pensez qu’ils ne parlent pas, sachez que vous avez raison : ils ne jouent pas sur les mots, ne mentent pas, et s’en expriment d’autant plus clairement.
Si vous trouvez qu’ils ont d’étranges manières, sachez qu’elles ne trompent pas ceux qui les connaissent : elles sont toutes aussi explicables qu’honnêtes.
S’ils vous paraissent curieux, sachez que bien qu’ils s’intéressent à vous, ils n’en seront pas pour autant indiscrets : ils s’intéressent à moi davantage encore, et pourtant n’ouvrent pas mon courrier, ne répondent pas à mon téléphone, ne font pas mes poches, ne lisent pas par-dessus mon épaule et ne se soucient de ma vie privée que dans la mesure où elle les concerne réellement; que vous bénéficiez ou non de leur intérêt, comme moi vous bénéficierez de leur discrétion.
Que vous les appréciez ou non, sachez qu’ils apprécient les personnes que je reçois chez nous pour autant qu’elles soient aimables, avec autrui en général, comme avec nous en particulier; il en est de même pour moi.
Ils savent que je n’accepte ici que ceux, Bipèdes ou Quadrupèdes, qui les acceptent également. Et maintenant que vous le savez, vous aussi, nous vous souhaitons la …
… Bienvenue chez Nous…
…
Quelques semaines après que j’aie fixé cette Note à ma porte d’entrée, l’arrivée d’un nouveau pensionnaire perturba quelque peu mes “Compagnons”. Pour tout dire, huit, sur les onze qu’ils étaient maintenant, semblèrent s’acharner à me rendre la vie impossible pendant plusieurs jours ; après moins de soixante-douze heures de harcèlement quasi-constant, je me trouvai, une nuit, la plume à la main, à chercher un exutoire… Je le trouvai sous la forme d’une lettre ouverte - qu’ils ne lurent jamais, bien évidemment, mais dont l’écriture me détendit considérablement. J’avais rangé ces deux pages avec la Note précédente. Mais ceci fera l’objet d’un prochain “article”…
D’autres cartons nécessitent mon attention.
…
Clémente et Radieuse Journée à Tous…
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S. Leannán
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on défait ses vieux cartons? parce qu’on en fait des nouveaux?
j’attends la lettre ouverte avec impatience. traînez pas trop. 
doubles-sens et sous-entendus, on affiche ses idées et on défend ses idéaux et ses protégés. vous en avez récupéré beaucoup comme ça? donc on est tous des animaux à votre avis. m’étonne pas de vous, ça. bein vous me plaisez de plus en plus.