Une Étrange Clairière - 9
jan 30th, 2008 by S. Leannán
9 - Vertige et Mains de Fée
…
[...]
Par tous les Elfes d’Irlande…
Les réserves, encore.
Elle pose son autre main sur celle qu’il tient toujours crispée sur sa cuisse.
Auto-suggestion…
Il n’est pas là, elle n’est pas là… Il n’est pas là, elle n’est pas là…
Concentration.
- Vous devriez vous rasseoir.
- Être assis tandis que vous êtes debout juste devant moi me met dans une position… très… délicate. Bien entendu, en d’autres circonstances…
Oh… Quel idiot ! Il vient d’imaginer ces autres circonstances et le frisson qui, parti de ses reins, a escaladé chacune de ses vertèbres jusqu’à la plus haute cervicale, a gagné un point isolé, à l’intérieur de son crâne, où il a éclaté comme une décharge électrique.

Le bourdonnement redouble.
Tout semble se mettre en sourdine, c’est comme de la ouate qui l’entoure, se coule en lui, enveloppant toutes ses sensations mais les laissant vibrer toujours aussi vives à l’intérieur de ce cocon…
Les seules forces qu’il ait encore sont celles de ce qui maintenant couve en lui comme les braises sous la cendre, comme la lave en fusion à l’intérieur du volcan avant l’éruption. Il a l’impression d’être pris d’un vertige, se sent vaciller.
- Qu’à cela ne tienne : je vais m’asseoir aussi.
- Dans ce cas…
Ce n’est pas raisonnable, mais il n’a guère le choix car il peine maintenant à rester debout.
Ils s’asseyent en même temps.
- Il faudrait masser le muscle, cela l’aiderait à se détendre et votre crampe passerait plus vite. Laissez-moi faire.
Davin arrête ses mains en les prenant dans les siennes.
- Il vaut mieux que vous évitiez de me toucher, car l’effet que vous imaginez est probable, mais il en est un autre qui est plus que certain.
Elle sourit.
Il fond encore.
- Croyez-vous vraiment qu’il y ait quoi que ce soit qui puisse vous faire oublier votre bonne éducation ?
- J’avais commencé à l’oublier quelques secondes avant de goûter à vos lèvres, et si j’y avais goûté quelques secondes de plus, il ne fait aucun doute qu’elle se serait tout à fait perdue au plus profond de ma mémoire.
- C’est ce que vous pensez ?
- J’en suis très intimement persuadé.
- Bien… Mes lèvres n’interviendront pas, mes mains seules vont s’occuper de vous. Mon éducation à moi ne me permet pas de vous laisser souffrir sans tenter de vous soulager, et je vois bien que vous souffrez.
- En soulageant cette souffrance-là, vous en stimulerez une autre.
- Croyez-vous…? Soyez aimable, laissez-moi faire.
Il lâche ses mains, qui aussitôt se posent sur sa cuisse, l’enveloppant d’une chaleur bienfaisante. Presque simultanément, c’est dans sa nuque qu’il sent s’amorcer un relâchement.
Alors qu’elle commence à masser le muscle surtendu, Davin tente d’ignorer le mouvement qu’il devine dans l’échancrure du gilet vert.
Peine perdue…
Le galbe de ses seins doucement animés par les gestes du massage agit comme un aimant sur son regard. Il devrait fermer les yeux mais il en est incapable…
Tandis que le muscle de sa cuisse commence à se détendre, la tension renaît ailleurs avec une insistance à laquelle il ne trouve aucun argument à opposer efficacement.
Paradoxalement, sans qu’il y soit pour rien, son souffle se fait plus profond et plus lent. Il se sent peu à peu attiré en arrière, et il se laisse aller, son dos se calant dans le confortable lit de mousse fine mais dense d’un sol dont le relief paraît avoir été moulé à ses formes.

Un étrange état de conscience semble avoir pris la direction de tout ce qui contrôle son corps, et c’est sans qu’il y mette aucune volonté que ses mains viennent se croiser derrière sa nuque. La position est d’un confort absolu, et tout à fait adéquate puisqu’elle dérobe à son regard le spectacle bouleversant qui se joue face à lui. Un répit lui est offert, mais il sent, il sait, qu’il sera de courte durée et qu’il doit s’appliquer à en profiter pour tenter de se ressaisir.
Ou de reprendre quelque force…
Il scrute le ciel, essayant de se concentrer tout entier sur le paisible voyage de quelques fins nuages perdus dans l’azur.
Encore de la ouate…
Le répit est bref, il est vrai, car à mesure que la douleur se modère, il devient plus conscient des mouvements de chacun des dix doigts agiles et des deux paumes tièdes qui massent sa cuisse. Le fin tissu de son pantalon n’atténue rien, au contraire: il glisse sur sa peau au gré des gestes féminins, tout le long de sa jambe, en une caresse d’une électrisante subtilité…
Tout cela a bien entendu un effet désastreux sur son souffle, qui n’est plus égal du tout. Il ne peut plus fixer son esprit sur le muscle de sa cuisse, puisque la douleur en a entièrement disparu, et les battements de son coeur ont repris un rythme tout à fait déraisonnable.
Il sursaute en sentant les mains de la jeune femme remonter doucement un peu plus haut sur sa jambe.
[...]
À suivre… si l’ “on” veut…
…
S. Leannán
…
…

Bac blanc terminé pour moi, cher S. Leannán, quoique des épreuves orales m’attendent encore d’ici fin février. Merci d’être passé de par chez moi.
Quel vertige, quelle sensation prenante, enivrante, saisissante, absolue, terrible et délicieuse. J’avais l’impression d’être prisonnière moi aussi de cette caresse incessante et ensorcelante.
Quel plaisir que de s’évader dans vos clairières enchantées, sans en connaître très bien le chemin, mais d’y trouver tout de même une source de bonheur, d’eau fraîche et de légèreté.
Bien à vous,
Nuitarius
Chère Nuitarius…
Aaah… Je n’ai jamais aimé les épreuves, écrites, orales, d’aucune sorte. Ce temps-là est bien loin pour moi, fort heureusement… J’espère que tu es plus studieuse que je ne l’étais…
Oooh… tout cela… ?
Le chemin se trouve tout seul, il sait où il va ;o) et il suffit de le suivre… J’aime savoir que tu t’y sens bien.
Je ne connais pas le “système” français, mais…
Bonne Chance, pour ton bac… si cela se dit…
Cordialement,
S.
P.S.:
Je me répète mais… Que me vaut ce soudain vouvoiement… ?
Mille excuses pour avoir manqué la question, mes yeux sautent parfois, mon esprit croyant avoir tout vu. Le soudain vouvoiement ? Euh, crise littéraire, aucune idée.
Le bac, c’est l’épreuve que nous devons passer lors de notre dernière année de lycée, à peu près à l’âge de dix-huit ans. Son contenu change selon le type de série auquel nous appartenons. Par exemple, je suis en série L (pour Littéraire) et je dois passer des épreuves de littérature, d’anglais, d’espagnol, de philosophie, d’histoire-géographie et quelques oraux supplémentaires.
Merci pour tout ^^.
Nuitarius
PS : Au fait, la musique est magnifique, et elle acompagne à la perfection l’échappée dans cette étrange clairière !
Oooh… nulle excuse tu n’as à me faire, il n’y avait pas offense… J’avais quelqu’inquiétude, simplement… car si du Vous au Tu le chemin peut être des plus doux… du Tu au Vous il est parfois ardu… :o)
Oho… c’est donc pour les Lycéens une porte qui s’ouvre sur la Liberté… à la conditions qu’ils se prouvent Savants… c’est cela… ? Ah… je n’ai quant à moi jamais rien prouvé… si ce n’est le fait que je pouvais sortir par la Fenêtre… ;o)
Voyons si je peux te faire sourire…
Imagine… que dans mon “lycée” à moi, à l’époque où je devais faire le choix, ô combien grave et délicat ;o) de ma “série”, nous étions si peu à avoir opté pour la Littéraire que cette “série” passa à la trappe… Pas de Littéraire, cette année-là, pour ma “volée”… Je songeai bien à refaire mon année, avec l’espoir que la volée suivante comprendrait un nombre suffisant de jeunes gens ayant les mêmes aspirations que moi, mais apparemment je ne réunissais pas les conditions requises pour “redoubler”…
et je dus “choisir” autre chose… ce qui explique - partiellement, je le reconnais très volontiers - la Fenêtre.
Cela explique aussi, peut-être, mon inculture… ;o)
Je garderai mes doigts croisés pour toi…
Je n’ai que deux morceaux de ce compositeur. Si tu les veux… let me know.
S.
Hah! I can’t believe you did it again.
You teaser…
Un mot, Lenna, un seul… :
S.
aaaahhh… quand même, ça se précise. il va finir par craquer lui aussi, notre Davin.
comme quoi… peut-être qu’on fait toujours ce qu’on doit finalement. moi je suis sortie par la grande porte mais j’aimerais bien avoir votre ‘inculture’. d’ailleurs merci pour toutes les corrections. 
bien dit, Nuitarius! c’est tout-à-fait ça. bonne chance de ma part aussi.
non je rêve, ils vous ont fait ça? pas assez de littéraire? vous étiez dans un bled ma parole? ils ont le droit de faire ça, supprimer une section? la fenêtre ça veut dire que vous courbiez les cours? ou que vous avez quitté avant le diplôme? c’est drôle d’imaginer que vous avez dû vous rabattre sur autre chose quand on pense à tout le tralala qu’ils débitent aux gosses sur l’importance de leur choix pour leur avenir. bon on dirait que vous avez quand même gardé votre cap.
bon, je vais au boulot, il fait un vent à décorner les boeufs, bonne journée à tout le monde et restez au chaud si vous pouvez.
“… Lui aussi…” ?
… No comment…
Dans un “bled”… ? Pas si “bled” que cela… Quant à savoir si j’ai “courbé” ou “quitté”… la réponse est Oui :o)))
Quel cap… ? Je n’ai ni compas ni boussole, je vogue au Vent. Pas vous… ? Fenêtres ou portes, qu’importe… ?
Je suis “au chaud” :o), parfaitement… Merci.
Plaisante Soirée… et prenez soin de vous.
S.
Arrêtes de me tirer la langue, Darling… Teaser…
Read your e-mails.
Je prends le train en marche ici, je n’ai pas trop le courage de remonter plus avant, je vais essayer de combler mon retard une autre fois, et surtout essayer de ne plus en prendre, c’est éreintant
Hm…… je pourrais en rester sur ces points, Diable pourquoi donc les hommes sont-ils si compliqués et invoquent-ils diverses choses pour ne pas combler leurs désirs.
Il ne fait aucun doute que la dame est prête à se laisser charmer plus avant, même si je l’imagine très bien se détournant au dernier moment juste pour faire durer le plaisir de l’attente… Attendons donc le dénouement
Nuitarius, toutes mes pensées vous accompagnent durant vos épreuves, qui si elles sont assez ineptes en soit n’en sont hélas pas moins obligatoires. Je n’ai jamais apprécié cette façon de faire pour savoir si les apprentissages avaient été acquis, mais n’ayant rien de mieux à proposer…
Merveilleux dimanche à tous sous le superbe soleil printanier (et oui, même au Groenland il point! on se sent revivre et mes plantations automnales commencent à montrer le nez, cela va être une merveilleuse explosion de couleurs!)
Bon, je vais tenter une incursion dans mon cornet de glace Fraise/pistache :D… à plus tard ……
hoé! Meleagris! :-)))) contente de vous revoir. vous refaites surface quand le maître des lieux disparaît, vous pourriez peut-être nous rassurer sur son état? ça lui ressemble pas de valider ses commentaires sans répondre et ça m’inquiète. ou bien faites signe, S., siouplait.
moi j’ai bien tout lu. 
comme si il profitait d’elle quand elle n’est pas dans son état normal. flûte, à ce point là c’est pas réaliste, vous connaissez des types de ce genre? je sais pas comment elle va pouvoir lui prouver qu’elle sait vraiment ce qu’elle fait. mais je crois que ça dit la personnalité de l’auteur
ça se voit bien dans les autres ‘histoires’ aussi. il y a des indices rudement révélateurs un peu partout si on prend la peine de bien lire. ça vaut la peine
ça vous dessine un portrait pas courant. malheureusement pas courant, je dirais. mais il n’y a qu’a attendre, vous avez raison et je suis impatiente de voir si ça me confirme quelques idées par la même occasion… m’enfin, la patience on n’a que ça qu’on le veuille ou pas.
:D 
pour ce qui est de la complicatissimité des mâles, ça franchement je crois que S. en connaît un rayon surtout pour ce qui est de l’auto répression des désirs. c’est marrant d’ailleurs de voir que c’est ceux qui savent le mieux exprimer leurs émotions qui en parlent le moins facilement, je dirais même d’après mes statistiques que c’est ceux qui sont les plus ‘émotifs’ qui ont le plus de peine à dire ‘je’ quand on en vient aux sentiments et pire encore, aux pulsions. c’est peut.être parcequ’ils se savent extrémistes qu’ils ont peur de se laisser aller? ou peur que l’autre, en face, se rende pas bien compte de ce qu’elle déclenche? à force de vous servir la version gentleman toujours zen c’est sûr qu’ils ont des raisons de se dire qu’au moment où il tomberont la veste on ne s’attend pas à se retrouver en face d’un tigre en pleine capacité de ses moyens ;-))) (oui je fais exprès) passer de l’à peine tiède et bcbg sans étapes tout droit au toride et sauvage, c’est sûr que ça doit pas être évident à assumer. vous voyez ce que je veux dire?
la dame est prête à tout, c’est clair mais de son côté à lui il y a quelque chose qui pêche, c’est clair aussi. dans cette histoire là m’est avis que c’est parcequ’elle est tombée dans les pommes en tombant du chêne qu’il refuse de la cueillir, parcequ’il a l’impression que ce serait de l’abus de pouvoir.
merveilleux dimanche à vous aussi, Meleagris, pour ce qui en reste. vous avez de la chance avec votre soleil et vos couleurs, chez moi c’était pluie fine et gris sur gris. elle se visite votre glace?
dites, S. vous allez bien?
Chère Meleagris…
Ne vous “éreintez pas”, je vous en prie… :o)
Oh, mais… Les Hommes et les Femmes me semblent tout à fait égaux, en cela également… et l’analyse de Terry ne manque pas de bon sens.
Prenez soin de vous, ma Chère…
S.
Terry…
Que vous êtes volubile, en ce moment…
Mon “état” est safisfaisant, semble-t-il…
Je “disparais” par intermittences, mes connections internet sont des plus capricieuses, j’ai plusieurs “travaux” urgents à terminer, et l’une de mes Amies fait quelques efforts (plus ou moins désespérés :D) pour compliquer ma vie… Il se pourrait que j’aie quelque difficulté à tout concilier, pendant deux ou trois semaines encore, ne vous souciez donc pas de mes “absences”…
Pour le reste… No Comment… :o)
Oui, je “vais bien”.
Merveilleusement bien… à vrai dire.
Je vous en souhaite autant…
S.
P.S.: Oubliez donc cet Animal… et il est inutile que vous précisiez que vous le faites exprès…
eh oui vous m’inspirez. ’semble-t-il’, c’est une allusion?
! que si, je me soucie, moi aussi je veux la suite de la fameuse soirée, entre autre. ahaha, c’est gentil, merci, mais ma vie à moi c’est plutôt le calme plat en ce moment alors… la vôtre est d’autant plus intéressante 

ah Lenna travaille en arrière-plan, c’est bien
je précisais exprès