Une Étrange Clairière - 8
jan 18th, 2008 by S. Leannán
8 - Trêve et Pourparlers Contre-Productifs
…
[...]
- Non…! Restez !
Sans qu’il le veuille, sa main a attrapé la sienne, et il en est plus surpris encore que des mots qu’il vient de prononcer, de crier presque… Il se lève dans le même élan irraisonné. Une douleur lancinante vrille sa cuisse, qu’il enserre aussitôt, machinalement, de l’autre main. La douleur s’estompe un peu.
Elle n’a pas bougé, et à nouveau il se retrouve presque contre elle.
Il ne sait pas à cet instant si c’est toujours lui qui tient sa main, ou elle qui tient la sienne. Qu’importe? Il ne songe pas à rompre ce contact. Surtout pas…
Il n’a plus du tout envie qu’elle parte.
Il ne l’a jamais voulu.
Seule sa raison le voulait…
Tout le reste est en faveur de la folie.

Par tous les Saints…
C’est stupéfiant, les effets qu’elle a sur lui…
Son coeur s’était presque calmé, pendant qu’elle parlait, mais il sent qu’il se remet à accélérer son rythme.
- Je reste, ou je m’en vais ?
- Restez. Je vous en prie.
Son regard s’adoucit.
La Mer recommence à danser, et les étoiles aussi.
Elle lève la tête vers lui et il ne peut s’empêcher de regarder ses lèvres.
- Vous avez changé d’avis.
- Oui.
- Vous pensez que je n’ai plus rien à craindre ?
- La durée d’une trêve… Mon éducation devrait me permettre de me maîtriser, le temps que je parvienne, peut-être, à vous convaincre de me donner un numéro de téléphone où je pourrai vous contacter. Peut-être alors accepterez-vous de me revoir dans des circonstances qui me permettront de vous démontrer que je ne suis pas un mufle.
Les efforts qu’il fait pour recomposer son attitude habituelle, posée, presque nonchalante, l’épuisent…
Il lui faut lutter encore.
Reprendre le dessus…
Il le faut.
- C’est une habitude, chez vous, de proposer aux femmes que vous rencontrez dans les bois de leur faire des dessins ?
Son coeur ne veut rien entendre mais il parvient à soumettre sa respiration.
- Pas du tout. Le fait est que mon intérêt pour vous est extrêmement vif. Je propose très rarement, et jamais à la première rencontre.
- Et cela vous a pris comme ça ?
- Sans que je n’y puisse rien faire, je vous l’assure.
- Et pendant que vous me teniez contre vous, vous ne pensiez à rien d’autre qu’à me réchauffer, et vous résistiez stoïquement à ce si vif intérêt que vous éprouvez pour moi ?
Un frisson court sur sa peau, sur tout son corps. Il recommence à perdre pied.
- C’est la vérité. Mon intérêt en ce moment est quelque peu distrait par la douleur que me cause une crampe dans la cuisse. Crampe qui, d’ailleurs, m’empêcha tantôt de m’éloigner de vous… Mais mon intérêt reprend le dessus, je ne peux que le constater, et il se pourrait que je doive bientôt vous demander, à nouveau, de vous en aller.
- Encore ?
- C’est le propre d’une trêve que de n’être que temporaire, et je crains d’avoir laissé celle-ci s’achever sans… m’en apercevoir.
- Encore vos craintes ?
- Encore elles.

Elle penche un peu la tête sur le côté, et il a l’impression de ressentir sur sa peau le regard qu’elle pose sur lui.
- Et si je vous disais que je n’ai pas pour habitude, moi, de demander à un homme de me faire un dessin, mais que j’ai vraiment très envie que vous m’en fassiez un ? Et si je vous disais que j’aimerais que vous m’expliquiez plus précisément la nature exacte de vos craintes ? Que me diriez-vous ?
Son coeur fait un raté. Quelque chose bourdonne à ses oreilles. Peut-il encore parler ?
- Je vous dirais que vous jouez avec le feu.
Oui, il peut parler, mais sa voix a une sonorité inhabituelle. Peut-être est-ce à cause de ce bourdonnement…?
- Je sais quand je joue, et quand je ne joue pas. Et je ne vois pas de feu, moi.
- Je vous assure que je le sens, moi.
Cette fichue crampe ne passe toujours pas et c’est certainement mieux ainsi. La Fée est d’humeur taquine et sans doute aime-t-elle comme lui jouer sur les mots, mais elle ne réalise pas qu’au-delà des mots, il est sérieux…
Bien sûr, il ne pourrait jamais être brutal, ni même brusque, avec une femme, mais la violence de ce qu’il ressent l’effraie et s’il ne saurait aller jusqu’à l’agression, il sait pertinemment qu’il se trouve à l’extrême limite de l’offense caractérisée…
Elle s’avance un peu, son corps vient s’appuyer contre le sien et il ferme à nouveau les yeux, et soupire… et tressaille encore.
Par tous les Elfes d’Irlande…
[...]
À suivre… si l’ “on” veut…
…
S. Leannán
…

c’est une habitude, pour lui, qu’on le provoque avec autant d’insistance?
j’ai renversé mon thé sur mon clavier.
Je prends sa place si il veut la laisser.
Terry,
On peut, en effet, se le demander…
Je ne suis pas responsable de cela, n’est-ce pas…?
J’espère qu’il survivra…
S.
J-M,
Quand bien même il le voudrait, il ne pourrait…
Déçu… ?
S.
vous partagez la responsabilité avec l’homme aux nerfs d’acier et la fée. les parts ne sont pas égales, la plus grande d’abord. ou je devrais dire “le plus grand”?
vous en êtes à 8 jours, ça vous inspire… je sens que le chapitre suivant va être carrément affolant.
Oooh… ses nerfs ne sont pas plus d’acier que les miens et, comme je viens de le dire, je décline toute responsabilité…
Grammaticalement, “… la plus grande…” est correct.
Non, vous ne devriez pas… N’en dites pas davantage :o)
Sept, aujourd’hui. Voulez-vous faire le countdown pour moi… ?
Cela ne m’”inspire” rien que je puisse écrire…
Il me semble que cela vous amuse…
Tant mieux.
S.
en titane, alors. taratata…
grammaticalement, si vous le dites, je vous crois. pour le reste, ça devient limpide.
hahahaha
plus que 6. mais que si, ça vous inspire rudement, je trouve, si vous pouviez laisser la porte du four fermée jusqu’au moment où… un peu, j’avoue, mais c’est parce que j’ai l’impression de regarder un gosse qui a très très très envie de mettre les doigts dans le pot de nutella et qui ose pas. pourquoi, au fait, il ose pas? moi c’est ça que je ne comprends pas. vous êtes presque trop mignon pour être vrai. presque. :-)))
“Hahaha” d’ici aussi…
Quatre, aujourd’hui.
Je préfère la marmelade, dont la consistance rend plus aisée la “prise” avec une cuillère qu’avec les doigts…
Oh, Merci…
S.
vous n’êtes pas du genre à mettre les doigts dans le pot, c’est ça? pas de quoi, c’est sincère

Vos conclusions sont hâtives.
Je n’en doute pas…
S.