Une Étrange Clairière - 4
nov 4th, 2007 by S. Leannán
4 - Quand l’Un a Froid et l’Autre Chaud…
…
[...]
Il ose quelques doigts sur son front, repousse machinalement une mèche de cheveux châtains aux reflets roux…
Elle a les cheveux courts, avec des mèches plus longues qui s’arrondissent sur le front et sur les joues, dans le cou… Que faire? Elle ne bouge pas, il aurait cru qu’elle dormait s’il l’avait trouvée ainsi, mais il sait bien que non, et qu’elle a perdu connaissance en tombant. De peur, peut-être, à cause de sa chute, justement? Ou de saisissement, en le voyant…?
C’est stupide, à trente-cinq ans, il ne sait même pas ce qu’il faut faire d’une personne inconsciente. Faut-il essayer de la réveiller, ou au contraire, faut-il éviter…? Son front est un peu froid. Sa joue aussi. Son bras est encore plus froid que sa joue. Oh, qu’il n’aime pas ça…! Doit-il toucher encore autre chose?

Allons… Oui…
Le dos de sa main lui dit que sa cuisse est aussi froide que son bras. La réchauffer, voilà, ce qu’il faut. Mais sa veste est restée dans la voiture…
Décidément, rien ne va, aujourd’hui. Tout va de travers, depuis son réveil, son réveil manqué, et comme, ô Merveille, il est près de faire la connaissance de la créature féminine la plus séduisante, la plus fascinante qu’il lui ait été donné de voir, il faut qu’elle s’évanouisse… Et qu’elle soit en train de se transir de froid sans qu’il ait même de quoi la couvrir. La prendre dans ses bras, peut-être… Il n’a pas froid, lui, il avait chaud dans la voiture et sa marche forcée, et le soleil qui tombe sur lui, et… le reste, aussi… font qu’il a plutôt trop chaud. Oui, la prendre dans ses bras et s’asseoir avec elle, contre lui, dans ce rayon de soleil, voilà ce qu’il faut faire.
Il glisse une main sous ses genoux… oh, Seigneur, que sa peau est douce… et l’autre main, dans son dos. Hop, soulever… Oh, qu’elle est légère… Elle doit peser moins de cinquante kilos. Elle glisse contre lui. Oh, qu’elle le trouble… Il la redresse. Sa tête vient s’appuyer contre son épaule.
Il s’assied là où le soleil dessine sur l’herbe un grand cercle clair.
Il la tient contre lui d’aussi près qu’il peut, l’enveloppant de ses bras, tentant de la réchauffer.
Il sent son souffle contre son cou.
Elle sent les fruits des bois.
La framboise et la mûre sauvages.
La mûre… C’est lui, qui est mûr, à n’en pas douter.
C’est l’autre sein, maintenant, que ses yeux caressent bien involontairement. Son coeur s’affole, complètement. Il essaie de respirer normalement, mais comment le pourrait-il ? Il la contemple, et les secondes passent, filent… Dieu, qu’elle est belle… Oh, elle bouge… la main.
Sa main se pose sur le bras de Davin.
Il fait bouger son épaule, sous sa joue.
Sa bouche s’entrouvre…
A-t-elle soupiré ?
Va-t-elle parler ?
Il fixe sa bouche.
Oh… miséricorde…
Elle a passé le bout de sa langue, tout doucement, entre ses lèvres… et il a de plus en plus chaud.
Et ce parfum de framboise…
Il devrait être dans l’avion.
À quelle heure décolle-t-il, déjà, l’avion ?
L’avion… ?
Quel avion ?
Non… ça ne marche pas, son esprit ne veut pas s’intéresser à autre chose qu’à la Fée collée contre lui.
Qui murmure…
[...]
À suivre… si “on” veut…
….
S. Leannán

bonjour,
que ces mots sont beaux, que ces histoires sont belles, on se demande si elles viennent d’ici ou d’en haut, qui inspire cette plume à écrire des textes si magiques, vraiment un énorme talent. bravo de nous faire rêver.
a quand la fin de cette très jolie histoire …?
BonSoir Christiane,
et Merci pour ces mots qui me touchent.
La fin de cette histoire-ci se fait attendre, ses protagonistes ne sont pas pressés du tout de se raconter… et je ne peux pas inventer, tout de même…!
:o)
S.