Une Étrange Clairière - 3
oct 21st, 2007 by S. Leannán
3 - Fascination
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Debout devant lui, à moins d’un mètre, une étrange apparition…
Étrange…? Non.
Extraordinaire.
Elle est comme plantée, toute droite, sur la pointe des pieds, au milieu d’une touffe de hautes herbes bizarres, peut-être une variété de fougère, d’un vert éclatant, qu’il n’avait pas remarquée plus tôt.

Ses petits pieds cambrés, nus, sont à demi cachés par les tiges dont les petites feuilles rondes frémissent encore le long de ses jambes… jusqu’à mi-hauteur des mollets, fins, délicats…
D’un genou à l’arrondi charmant, le regard de Davin remonte vers une cuisse fuselée, à la fois mince et musclée, au galbe parfait. Une espèce de gilet à la coupe ajustée, sans manches, commence juste là où finissent les jambes… Sous le tissu vert sombre, un velours, sans doute, pourtant brillant comme de la soie, la courbe de la hanche est accentuée par la finesse étonnante de la taille. Jusque là, la tunique est fermée par de minuscules boutons ronds couleur de nacre, qui se suivent d’aussi près que les perles d’un collier. À partir de la taille… plus de boutons. Un mince rayon de soleil qui tombe juste là fait jouer sur la peau hâlée des reflets irisés, et tandis que s’écartent les bras du V élancé que forment les pans du gilet, se dessine l’arrondi des seins, dont on imaginerait presque la naissance de l’aréole, à la limite du tissu. Il semble à Davin, confusément, que son coeur s’arrête de battre à cet instant, mais son regard, lui, poursuit… sur la gorge, et le cou gracieux entre les bords du col, droit et haut du gilet, sous un petit menton légèrement en pointe. La bouche, presque rose, paraît sourire, à peine entrouverte. La lèvre supérieure semble humide, et il se pourrait bien que ce soit une goutte d’eau qui scintille, à peine plus haut, dans le petit creux entre la lèvre et le nez… Un petit nez mutin, adorable, qu’il oublie pourtant, totalement, comme presque tout le reste à commencer par son avion manqué, à l’instant où il découvre…
… Les yeux.
Deux incroyables lacs verts, fascinants autant par leurs couleurs que par leur forme. Les coins, vers le nez, descendent comme chez certains félins, tandis que les pointes vers les tempes semblent ne plus vouloir finir de remonter. Des yeux d’Elfe, sans doute, si l’on y croit, ce qui n’est pas le cas de Davin… Des yeux inimaginables, dans tous les cas, tels qu’il n’en a jamais vus avant, assurément, et qui le fixent de tous leurs éclats d’or et d’argent, comme de minuscules étoiles dans un ciel d’un vert sans nom, à la fois limpide et sombre, transparent et insondable, mouvant comme la Mer.
À la seconde où il contemple enfin dans son entier la silhouette devant lui, les bras tendus vers le ciel, il réalise qu’elle n’a pas bougé d’un millimètre depuis qu’il la regarde. Combien de temps s’est-il écoulé pendant que son regard courait ainsi sans qu’il songe à le stopper? Suffisamment de temps, en tout cas, pour qu’il se sente plus troublé encore que surpris, et Dieu sait qu’il est surpris… Son coeur s’est emballé, et l’énervement, sa marche rapide, la découverte du chien, le bruit de chute derrière lui n’y sont pour rien… Non, cet emballement-là est d’une nature bien particulière, et comme il en prend conscience, tout se précipite soudain.
Si le temps s’était arrêté, il vient de reprendre sa course : la silhouette prend vie. Comme si elle continuait sa chute, son corps semble en recevoir l’impact. Les muscles de ses cuisses et de ses mollets jouent sous la peau tandis que ses jambes se replient, que son dos s’arrondit, que ses bras descendent, que ses mains viennent toucher ses pieds… Elle est presqu’accroupie maintenant, et semble lui sourire. Une fraction de seconde. Son regard paraît soudain se troubler, s’éteindre, presque, juste avant que ses paupières se ferment.
Le temps change encore de rythme… On dirait qu’il s’affole, comme s’il voulait rattraper d’un coup toutes les secondes perdues, concédées peut-être, pendant que Davin détaillait l’inconnue, car l’instant d’après il la voit gisant là, dans l’herbe qui tapisse toute la clairière. Qui tapisse “toute” la clairière…? Juste avant, à la place de ce lit d’herbe tendre, il y avait une épaisse couche de feuilles mortes, il en est sûr.

Mais il ne s’en étonne pas longtemps, car il y a plus urgent… Il se laisse tomber à côté de la jeune femme qui gît immobile, sur le côté, repliée sur elle-même, les genoux ramenés vers le menton.
Sa bouche est fermée, maintenant, mais elle respire, il le voit à sa poitrine qui se soulève doucement. D’ailleurs… c’est tout son sein gauche, qu’il voit maintenant… Seigneur, que ce sein est charmant! Il en a un tressaillement, qu’il aimerait n’avoir pas eu, tant il juge déplacé, alors qu’elle est inconsciente devant lui, l’émoi qui ne cesse de grandir en lui.
Il ose quelques doigts sur son front, repousse machinalement une mèche de cheveux châtains aux reflets de cuivre rouge lumineux…
[...]
…
À suivre… si “on” veut…
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S. Leannán
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