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“Tóg Bog É”, 23 Jan 199x

Très Chers Co-Résidants,


Pour satisfaire vos égos, j’ai fait placarder à l’entrée, comme vous le savez, un Avis à l’attention de nos Visiteurs. Ayant ainsi fait confession, au vu de tous, de ma BienVeillance à votre égard, je vous saurais gré de prendre connaissance des points ci-dessous, destinés à simplifier notre co-habitation.

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… 

Aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais vécu en solitaire.

Il fut un temps où je vivais en communauté avec sept Chats – dont je n’avais réellement “choisi” qu’un seul, un tigré de l’Île de Man – et trois Chiens… entre autres Créatures à sang chaud…

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(Pour la petite histoire… Ces deux-là, le Seigneur de l’Île de Man et la Diablesse Noire de la Gouttière, sont installés dans le panier à pain - ou, plus précisément, dans ce qui était, jusqu’alors, le panier à pain - sur une table de la cuisine. Quelques mois plus tôt, ils faisaient des efforts tout à fait remarquables pour me persuader qu’ils avaient l’un pour l’autre le plus profond mépris. Une douzaine d’années plus tard, lorsque la Dame Noire nous quitta pour rejoindre d’autres Camarades dans la Grande Prairie, le Seigneur aux Griffes de Titane se laissa dépérir. Le panier est quelque part, dans mon bureau…)


Notre co-habitation était des plus satisfaisantes, je crois, autant pour eux que pour moi, mais surprenait parfois certains de mes Visiteurs : ceux que je n’attendais pas et qui, eux-mêmes, ne s’attendaient pas à me trouver en telle Compagnie…

Il m’est ainsi arrivé de me trouver dans des situations variant du cocasse au franchement désagréable, qui réjouirent plus d’une fois nos “Familiers”. Après que je lui aie fait le récit d’une de nos expériences les plus mémorables, l’une de mes Amies me suggéra d’afficher, à ma porte, une Mise en Garde à l’usage de mes Visiteurs Inavertis… Ce que je fis.

J’ai retrouvé cette “affiche” en vidant quelques cartons, restés fermés depuis mon déménagement d’il y a… quelques années. En voici le texte.

 

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Quelques Mots…

Pour répondre à Ceux à qui je n’ai pas encore eu le temps d’écrire personnellement, je résume, dans le désordre… :

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Cher G.,

 

Très vite, avant que vous ne pensiez que je vous ai définitivement oublié…

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Je dois toutefois vous dire qu’il a retrouvé sa place et semble s’y plaire. De fait, je crains qu’il vous faille renoncer à me convaincre.

À moins, bien sûr, que vos arguments soient absolument irrésistibles… ;o)

Et si vous vous souvenez précisément de ce que je recherche, il se pourrait que…  mais nous verrons cela où vous savez, à la mi-avril probablement.

… 

Kindest RGDS fm us bth…

S.

..

[…]

(Blackrock, le 8 septembre)


… comme le petit homme continue de s’éloigner, il répond :

- Go mbeannaí Dia is Muire duit.

La porte n’a fait aucun bruit quand il l’a ouverte et n’en fait pas davantage quand il la referme. Oona, qui a fait un pas dans le corridor, l’interroge des yeux.

- Il m’a appelé “mon Seigneur”, répond Morgan.

- Mon Seigneur ? Tu es sûr ? Oui, évidemment, tu es sûr… C’est étrange.

Ils avancent dans un long corridor. Le sol est pavé de petites dalles de brique, les murs sont couverts d’un lambris brut, au naturel, sur toute la longueur, sauf sur près de trois mètres où ce qui semble être les vestiges d’un mur de pierre ancien s’élève sur une hauteur de trente à quarante centimètres. C’est sur une épaisse porte de bois, ornée d’une antique ferrure, que s’attarde le regard de Morgan tandis qu’ils la dépassent. Cette porte ne se trouvait pas là, se souvient-il, mais à l’étage supérieur, autrefois…

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Le corridor débouche sur une petite pièce ouverte, également lambrissée, seulement meublée d’une table ronde autour de laquelle sont disposées six chaises. Fiddle et harpe… Oona reconnaît le morceau de musique traditionnelle qui vient du fond de la salle attenante, “The Coulin“. Là, derrière le mur qu’ils ont longé en entrant, des casiers de bois disposés en losange montent du sol jusqu’au plafond; certains casiers sont remplis de bouteilles, d’autres n’en contiennent que quelques-unes, ou même une seule. Assis derrière un vieux comptoir d’apothicaire, un homme d’une cinquantaine d’années leur sourit.

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Mirage de Jade

- Mais si, viens… insiste Paul. Sois sympa…

- Tu veux que je redescende maintenant ? J’allais me coucher.

- T’es pas bien ? Pourquoi tu veux te coucher si tôt ?

Tôt…?
Oui, finalement, puisque sa montre affirme qu’il est une heure trente du matin.

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- Je plonge avec Jim, demain matin, et si je fonctionne au radar, il ne va pas apprécier.

- La température de l’eau va déjà te réveiller. Allez, sois cool, j‘ai pas envie de rentrer. Je suis là tout seul, je m’emm…

- C’est bon… j’arrive. Donne-moi vingt minutes, la route est mauvaise.

C’est surprenant ce que les Amis peuvent être menteurs, quand ils pensent avoir l’excuse d’une bonne raison, s’était-il dit le lendemain…

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[…]

(Ringaskiddy, le 8 septembreSuite)

Le Professeur était en train de faire les cafés quand ils l’ont rejoint à la cuisine, et ils ont déjeuné ensemble en parlant du manoir, propriété des ancêtres paternels de John.  À dix heures et demie, ainsi que Morgan l’avait prévu, ils ont quitté John en ayant convenu qu’ils se retrouveraient tous à Howth dix jours plus tard - Qumran, bien entendu, accompagnera Caitlin et le Professeur… C’est Oona qui a pris le volant, après avoir fait glisser le siège en avant et réglé l’inclinaison du dossier.

- Nous serons à Dublin avant quinze heures, et nous avons dit à Elysa que nous serions chez elle à seize heures trente. Où veux-tu aller entre-temps ?

Morgan suit des yeux le coupé rouge qui les dépasse, jusqu’à ce qu’il se soit rabattu sur la gauche.

- Il y un  pub qui s’appelle “The Blue Quill“, au bout de Idrone Terrace, du côté de la gare de Black Rock.

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Oona lui jette un regard surpris, mais semble se concentrer sur la circulation.

- Est-ce à ce pub que tu pensais quand tu disais que tu avais quelque chose à faire à Dublin ? demande-t-elle après un moment, d’un ton dubitatif.

- Non, au “whiskey shop” qui se trouve à peine plus loin, dans ce qui est apparemment une des plus vieilles maisons de la ville.

Elle le regarde encore, les sourcils froncés.

- Vieille comment ?

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Just click under here, SweetPea…

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Origine - 4

[…]

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9 - Vertige et Mains de Fée

[…]

Par tous les Elfes d’Irlande…
Les réserves, encore.

Elle pose son autre main sur celle qu’il tient toujours crispée sur sa cuisse.

Auto-suggestion…
Il n’est pas là, elle n’est pas là… Il n’est pas là, elle n’est pas là…
Concentration.

- Vous devriez vous rasseoir.

- Être assis tandis que vous êtes debout juste devant moi me met dans une position… très… délicate. Bien entendu, en d’autres circonstances…

Oh… Quel idiot ! Il vient d’imaginer ces autres circonstances et le frisson qui, parti de ses reins, a escaladé chacune de ses vertèbres jusqu’à la plus haute cervicale, a gagné un point isolé, à l’intérieur de son crâne, où il a éclaté comme une décharge électrique.

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Le bourdonnement redouble.

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Avenant (No 1)
à la “Mise à Jour”
de la Réponse de
“Droit de Réponse”…


Savez-vous de quoi je parle… ?
Non… ?
Non…

Eh bien… que cela ne vous surprenne pas, et vous inquiète moins encore… car c’est tout à fait normal. C’est même très bien ainsi, dirai-je : vous n’êtes pas supposé comprendre, ni me “suivre”…

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Cet article s’adresse à deux Personnes.


Je sais qui est l’Une

… et l’Autre est Terry.
Vous concernant, Terry, je ne préciserai pas qu’il est une simple réponse à votre suggestion d’hier… “Et Hop”… ;o


J’ouvre une parenthèse pour vous dire quelques mots sur la voix que j’ai choisie pour délivrer ce “Message Personnel”.

C’est celle de Jamie Cullum
Artiste “crossover” anglais, chanteur de jazz, jazz-pop, pop… Pianiste, guitariste et batteur, entre autres talents, Jamie est un style à lui seul. Je me demande s’il a déjà interprété deux fois pareillement le même morceau… De fait, si vous appréciez et que vous en avez l’opportunité, n’hésitez pas à assister à deux “représentations” coup sur coup, car elles ne se ressembleront guère.

Parmi ceux dont on le qualifie le plus souvent, je choisirai l’adjectif “éclectique”, “surprenant” étant (également) un euphémisme… “Imprévisible” me semble assez adéquat, et je mentionnerais volontiers “indéfinissable”, voire même “incontrôlable” si je ne craignais que ces derniers puissent être interprétés péjorativement…

Je ne ferai pas la liste de tous les prix pour lesquels il a été nominé ou qui lui ont été remis, car ma mémoire est difficile d’accès en ce moment et ce que je voulais dire à son sujet aujourd’hui est ceci : j’aime Jamie Cullum… platoniquement, cela va sans dire.

Son interprétation de la chanson que “mon” player se fera un plaisir de jouer pour vous - si vous cliquez au bon endroit, tout est là - ne vous dira pas grand-chose sur le personnage, je le crains. Une visite à son “MySpace.com” sera certainement plus édifiante et je vous suggère, pour le plaisir du “live”, un tour chez “YouTube.com” qui vous en racontera bien davantage.

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“Tóg Bog É”

Il y a trois questions auxquelles je ne t’ai jamais répondu.

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(”Appel Longue Distance” - Suite)

« L’avion a décollé avec quatorze minutes de retard. »
« Quatorze, en es-tu certaine ? »
« Oui, quatorze, précisément. Tu as attendu… »
« Deux-mille-deux-cent-quarante-neuf secondes, exactement. Autant dire que ce fut un calvaire, et j’ai failli repartir vingt fois, mais j’ai été stoïque. »

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Elle rit en prenant son bras et il place sa main au-dessus de la sienne, sans la toucher.

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[…]

(Ringaskiddy - 8 septembre)

Au petit matin, Morgan a entendu Qumran monter l’escalier et japper derrière la porte. D’autres bruits l’avaient déjà réveillé, et il était resté immobile à regarder dormir Oona. Quelques minutes plus tard, il est habillé et descend au rez. Le manteau de Caitlin et la laisse de Qumran manquent dans la penderie.

Caitlin est déjà loin sur la plage quand Qumran, qui a ralenti le pas une cinquantaine de mètres plus tôt, s’arrête à côté d’elle, semblant guetter quelque chose derrière eux. Sa queue a un mouvement joyeux et elle comprend que c’est Morgan dont il a détecté l’approche.

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- Vous êtes matinale.

- Je dois être à l’hôpital à neuf heures.

Elle a pris son bras et ils ont continué vers l’anse que forme la plage, bouclée par les rochers. Qumran qui court devant eux paraît soudain d’humeur turbulente, et comme il stoppe net à quelques mètres du mur que forme la roche, il regarde vers eux et aboie.

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Le téléphone avait sonné à trois heures du matin…

« Où es-tu ? »

C’était devenu un jeu… Avant même Bonjour ou Bonsoir… C’était à qui poserait la question le premier…

« Je viens de rentrer, je suis dans ma chambre. Je pense que tu n’aimerais pas du tout l’hôtel. Et toi ? »
« Je suis au salon, avec un livre. »
« J’avais peur de te réveiller.»
« J’attendais un appel. »
« Oh… À cette heure-ci ? »

Silence.

« De qui ? »

Son sourire se devine à sa voix.

« De qui pourrais-je bien attendre un appel au milieu de la nuit ? »

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Rire…

« J’avais dit que je t’appellerais demain. »
« Il est demain, ici. »

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Business is Business…



Les bureaux de l’entreprise ont grand besoin d’un relookage, et c’est à Charles qu’a été confiée la responsabilité de choisir l’entrepreneur qui exécutera les travaux. Il a fait des recherches, passé quelques coups de téléphone, et fini par établir en trois exemplaires le dossier des travaux requis, qu’il a envoyés aux trois entrepreneurs les mieux cotés du moment. Le hasard a voulu qu’il s’agisse d’un Gallois, un Anglais et un Irlandais…

Chacune des lettres dont Charles avait accompagné le cahier des charges invitait son destinataire à venir visiter les bureaux ce jour-là, et Charles est arrivé tôt pour recevoir les trois hommes.

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8 - Trêve et Pourparlers Contre-Productifs

[…]

- Non…! Restez !

Sans qu’il le veuille, sa main a attrapé la sienne, et il en est plus surpris encore que des mots qu’il vient de prononcer, de crier presque… Il se lève dans le même élan irraisonné. Une douleur lancinante vrille sa cuisse, qu’il enserre aussitôt, machinalement, de l’autre main. La douleur s’estompe un peu.

Elle n’a pas bougé, et à nouveau il se retrouve presque contre elle.

Il ne sait pas à cet instant si c’est toujours lui qui tient sa main, ou elle qui tient la sienne. Qu’importe? Il ne songe pas à rompre ce contact. Surtout pas…

Il n’a plus du tout envie qu’elle parte.
Il ne l’a jamais voulu.
Seule sa raison le voulait…
Tout le reste est en faveur de la folie.

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Par tous les Saints…
C’est stupéfiant, les effets qu’elle a sur lui…
Son coeur s’était presque calmé, pendant qu’elle parlait, mais il sent qu’il se remet à accélérer son rythme.

- Je reste, ou je m’en vais ?

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Une Personne de mes Amis m’a envoyé ce matin un e-mail dans lequel elle me mettait au défi de répondre au “questionnaire” qu’elle m’envoyait en pièce jointe pour ensuite l’ “afficher sur mon blog”.

Je lui ai répondu “Merci, mais Non Merci”, comme on s’en doute… mais elle m’a alors “rappelé” que je lui devais un gage et je m’exécute. C’est très long… et cette personne n’a pas précisé que je devais “publier” en première page… Donc…

Ceci dit, si l’une ou l’un d’entre vous avait envie de reprendre ceci - sans mes réponses, cela va de soi, mais avec les siennes – pour le publier à son tour, j’aimerais qu’elle ou il me le fasse savoir, afin que je me sente moins “seul/e”… ;o)


N.B. : Je saurai qui cliquera pour « Lire la suite »…

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Où je suis…

Depuis dix-neuf jours, exactement, je cherche…
alentour la sérénité qu’en moi je ne sais plus trouver.

L’horloge égrène les secondes comme un tambour bat le rappel,
le ronronnement de mon ordinateur ressemble à un vrombissement
et j’ai haussé le volume de mes haut-parleurs pour ne pas les entendre…
mais rien jamais ne peut couvrir ta voix puisque je l’entends même en moi.


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26 - Deux par Deux

[…]

(Ringaskiddy - 7 septembre - Suite III) 

Il a fini par suivre la suggestion du Professeur, et a marché lentement sous les arbres avant de se retrouver sur la plage sans même s’en rendre compte. Le vent fait voler ses cheveux et s’engouffre dans sa chemise, caressant sa peau. Son regard glisse à la surface de l’eau et se perd au large, là où la Mer et le ciel se confondent, là où rien n’existe que ce que l’on a en soi. Comme il ferme les yeux, il n’y trouve que Oona, tout ce dont elle emplit son coeur et son âme, tout ce qu’elle est et a toujours été, tout ce qu’ils ont vécu hier et tout ce qu’ils vivront demain. Tous les hiers, et tous les demains, de cette vie et de toutes les autres.

Il ressent sa présence derrière lui également, et sourit. Il garde les yeux fermés, et devine sa bouche sur ses lèvres avant qu’elle ne le touche. Il l’enlace et en ouvrant les yeux trouve son regard. Une vague effleure les pieds nus de la jeune femme, qui rit comme un enfant qu’on chatouille.

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En l’entraînant d’un pas en arrière, il fait un demi-tour sur lui-même pour la protéger du vent qui souffle du large. Elle se tend vers lui, sur la pointe des pieds, et en posant ses lèvres sur les siennes, il murmure:

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Droit de Réponse

Droit de Réponse…
… en chanson.

Je publie…

White Flag” de Dido

I know you think that I shouldn’t still love you
Or tell you that.
But if I didn’t say it, well I’d still have felt it
where’s the sense in that?

I promise I’m not trying to make your life harder
Or return to where we were

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But I will go down with this ship
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En Chemin…

En Chemin…

C’est étrange de retrouver avec Toi aujourd’hui
Ces endroits que je croyais ne plus jamais revoir.

Ils étaient bien moins clairs dans ma mémoire…
Ils y reposaient immobiles et sans aucun bruit.

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Le Feu et l’Eau

J’avais écrit ce texte en écoutant “Sometimes When We Touch”, dont je publiais les paroles le 30 décembre. Je l’ai finalement “posté” ailleurs… mais le voici tout de même…

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7 - Chauds-Froids Pondérateurs


[…]

Il ouvre les yeux.
Les referme aussitôt.
Bonté Divine!

Elle est juste là, debout devant lui, à vingt centimètres, tout au plus.
Juste sous son nez…
Son sang n’a fait qu’un tour. Se met à bouillir.

- Allez-vous-en.

Il voudrait le crier, il n’a fait que murmurer.

- Pourquoi?

Sa voix est aussi suave que son parfum.
Il rassemble quelques mots, pour former quelques phrases…

- Vous ne comprenez pas ? Vous étiez évanouie, transie… Il y a je ne sais combien de temps que je vous tiens contre moi, à essayer de vous réchauffer, en attendant que vous repreniez conscience. Souhaitez-vous que je vous fasse un dessin ?

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Il frémit à la vision du tableau qu’il vient d’esquisser en pensées, et se rattrape en imaginant combien il doit avoir l’air stupide, à lui parler les yeux fermés…

- Un dessin… ? Si vous voulez.

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 […]

(Ringaskiddy, propriété des Shanahan – 7 septembreSuite II)

- Je […] dois vous dire que je craignais un peu que vous ne souhaitiez retourner vivre à Mullaghmore, avoue le Professeur.

- Je retournerai à Mullaghmore, mais pas pour y vivre. Quelque chose me retient près de Dublin, où j’ai plus de bons souvenirs que de mauvais.

- Oh, oui, sourit John, si l’on omet le fait que vous y avez été emprisonné et que vous avez ensuite failli y périr de la plus terrible façon qui soit.

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Morgan rit, et le Professeur s’étonne de cette faculté qu’il a de relativiser, de vouer son intérêt et son énergie aux aspects positifs qu’il semble avoir le don de trouver en toute chose.

- J’avais vécu des situations plus difficiles que cet emprisonnement, et pour ce qui est du reste, cela confirme le vieil adage : ”Faillir n’est pas mourir ».

- J’imagine que vous n’aviez pas cette sérénité en attendant votre procès.

- Effectivement, j’étais soucieux.

- Soucieux… répète John. Bien sûr. De l’issue de l’audience.

- L’issue de l’audience ne faisait aucun doute, puisqu’il était évident depuis longtemps que l’on voulait se débarrasser de moi.

John fronce les sourcils.

- Vous ne me l’avez jamais dit.

- Vous m’aviez seulement demandé si je connaissais la véritable raison de ma condamnation, et le fait est que je ne la sais pas.

- Mais vous saviez avant votre procès que l’on souhaitait vous voir mort.

- Disons que j’avais eu quelques raisons de m’en douter, sourit Morgan.

Il se reprend en voyant l’expression perplexe du Professeur :

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J’ai fait plus vite que je ne pensais le pouvoir, et mon « Demain » est devenu un « Aujourd’hui »… Je poursuis, donc, avec la fin de ce « Chapitre ».


C’est tout à fait intentionnellement, tout à l’heure, que je n’ai pas exprimé clairement mon « opinion » sur le sujet fort contesté que j’ai choisi pour titre de ce « billet ».

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Ma conviction sur ce point me semblait si évidente que l’énoncer m’avait paru superflu… mais apparemment j’ai quelques difficultés, depuis quelque temps, à me faire comprendre…

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Les Anges sont-ils des Êtres asexués… ?

Aaah…
Que voilà une question existentielle, s’il en est…
Débattue depuis des siècles et jamais résolue… Jamais, vraiment… ?
Tss-tss-tss… Ceux qui “débattent” encore n’ont jamais vu un Ange, c’est certain. Ou alors… ils n’ont pas eu l’occasion de bien observer leur Visiteur… trop émus ou incrédules pour regarder et percevoir. Mais… le fait est que lorsque l’on est un tant soit peu attentif… Non, je ne vais pas étaler ici mes expériences et conviction personnelles, je vais vous démontrer la chose plus subtilement…

… par l’Art d’un Homme qui jusqu’à la fin de sa vie, à l’âge honorable de quatre-vingts ans, peignit des Anges… William Bouguereau, puisqu’il s’agit ici de lui, reçut nombre de ces Angéliques Visites et, c’est indéniable, ne se gênait point, lui, de bien regarder…

De fait, à tous ceux qui doutent encore, j’offre ici sa réponse à leur question.

Cette oeuvre s’intitule “Le Ravissement de Psyché”. Les “douteurs” incurables me diront que la “réponse” n’est pas catégorique, et discutable… mais Psyché est, effectivement, visiblement, parfaitement ravie, jugez-en…

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Quelles sont les raisons d’un tel Ravissement, à votre avis… ? Oh… oui… l’Amour « platonique », me direz-vous… Permettez-moi – ou ne permettez pas, cela n’y changera rien… – de sourire. Je ris, même…

La béatitude exclusivement spirituelle a une autre expression, et si vous ne le savez pas c’est que…

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[…]

(Ringaskiddy, propriété des Shanahan - 7 septembre)

Il est toujours dans la position où il s’est endormi, sur le ventre, un bras en dehors du lit, la main reposant sur le tapis, paume vers le haut. C’est la première fois qu’elle peut le regarder dormir, et elle se garde bien de bouger, de crainte de le réveiller. En observant les marques claires des cicatrices de son dos, elle fronce les sourcils, puis sourit en reconnaissant quelques lignes rouges qui n’étaient pas là la veille… Son regard glisse sur le creux de ses reins, s’attarde sur ses fesses… Elle voit se tendre ses muscles et il murmure :

- Dia dhuit, a Aingeal

Elle se penche pour l’embrasser sur l’épaule, et répond :

- Dia is Muire dhuit, a Chéadsarc

Il se retourne et l’attire contre lui, l’embrasse.

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- La dernière fois que tu m’as dit cela…

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May your Heart…

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Puisse votre Coeur…

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… and Again… ?

Pour une fois, je me tairai…

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[…]

(Ringaskiddy – 6 septembre - Suite IV)

….

Qumran fait demi-tour, s’élançant dans la direction opposée, mais se ravise et fonce sur Morgan qui continue vers lui… Quelques mètres les séparent quand le chien saute en pleine course, et Oona sent son coeur faire un bond dans sa poitrine. Elle connaît le poids du lévrier, et sa force quand il est lancé, mais Morgan l’attrape au vol sans fléchir, sans broncher, et rit en tournant avec lui avant de le reposer sur le sol. Elle voit qu’il lui parle, et le chien aussitôt se calme et revient vers elle en trottant.

- Voilà, dit Morgan en les rejoignant, nous nous sommes dégourdis les jambes. Mais maintenant j’ai besoin de prendre une douche… Où faut-il que je mette nos sacs ?

Elle enlève un brin d’herbe accroché dans ses cheveux, sourit :

- Dans ma chambre, tout en haut. Je te laisse monter seul, je vais ranger ce que j’ai laissé à la cuisine et changer l’eau du fauve…

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Il ouvre la porte de chêne, en haut de cet escalier qu’il n’avait jamais gravi que jusqu’au premier étage, et fait quelques pas dans la pièce avant d’en faire le tour du regard…

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(His Words – 2)



“ Hear Me…”


Thus I laid there, quiet…
I started thinking about my life and I felt oppressed at the idea that I could have never known you… but then I understood that every step I had taken, from the first, was only meant to lead me to this place where we met.

The time and place didn’t matter, and should we have met earlier, it wouldn’t have changed a thing… I already knew that, no matter what, we were to live what we did… and this is what I took with me that one night.
 
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Nothing else counted
and I needed nothing more
to feel at peace…

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(His Words – 1)

“ … But Tonight…”

You came to me without a word
You touched me and I shivered

You had laid your hand on my wrist
And between your fingers and my skin
Trickling to the floor the ice was melting
You had just came in and you had noticed
What they,  here,  had not seen for days.
To look at others there are so many ways…

You wanted to know and I explained
Why I left so many things on the shelf
Why I could beat others but not myself…
It was a cold foggy night and it rained

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We were soaked before we got to your car
Yet only a few strides from my place…
So running there seemed the wisest by far
And side by side we forced the pace

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To Whom it may concern is ’something’ that I cannot explain… and all I need to say, really, is that it is destined to One Person only.

I believe that this young Lady was 25 years old at the time of this night that “Angel” refers to as “Tonight” (Part 3), and that it was 3 years ago… but I might be totally wrong on that…

No matter what, I trust, or hope, should I say, that she will recognise him… and thus recognise herself.

Without a Fight“, which was published here 16 days ago, is the first part of this Message. I think it is something that “Angel” had “told” her some time after their “separation”, at a point when he had given up the two “jobs” that he had upon their encounter.

The lines herebelow are not part of Angel’s message to her but only the notes of his “messenger” and they might help, should it be necessary, this young Lady understand, or “recognise” who Parts 3 & 4 come from and are addressed to…

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J’ai lu, sur le blog d’une Dinde surprenante, un fort beau et émouvant récit… Il se trouve là :  http://www.tranchededinde.123.fr/?p=358  et je vous encourage à aller le lire…

Ainsi (plus ou moins) que je l’écrivais à cette ingavable(*) Gallinacée, son récit a fait (entre autres choses) faire à ma mémoire un saut dans le temps en me rappelant un Noël passé à Londres…

C’était il y a une quinzaine d’années, mais je revois toute la scène comme si je me trouvais là, dans cette rue, à cet instant…

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Je marche aux côtés d’un Ami, la nuit ne va pas tarder à tomber… Il fait très froid et nous nous dépêchons de retourner à l’appartement que nous partageons, pour quelques jours, avec une adorable jeune femme…

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6 - Résister, Capituler, et Se Contenir Ensuite…

[…]

Il doit avoir perdu la raison il y a bien trois minutes. Il aimerait fermer les yeux, il ne peut pas…

Est-elle en état de le gifler?

C’est souhaitable, car il ne va pas résister beaucoup plus longtemps.
Quelques secondes, peut-être.
Trois…?
Deux.
Une…
Zéro.

Ô, Fraîcheur…
Ô, Douceur Indicible…
Ô, Velours et Satin…

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Ses yeux se sont fermés sans qu’il le veuille. Une vague le traverse, le submerge, le transporte. Il va sombrer… La petite main se crispe sur sa nuque, il retrouve un peu de ses esprits.

Seigneur! Il sursaute, abandonnant ses lèvres, rouvre les yeux. Qu’a-t-il fait?

Pourquoi ne l’a-t-elle pas frappé?

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without_a_fight_text_1.jpg without_a_fight_1_l_ange_ou_l_homme.jpgwithout_a_fight_text_2.jpg Lire la Suite… / Continue reading… »

Pour le Plaisir…

Pour le Plaisir…
et pour Meleagris…

Iris aux Ailes d’or, messagère des Dieux…

Morphée, messager lui aussi, prenant dans les rêves de ses hôtes l’apparence d’une personne aimée…
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[…]

(Dublin - 6 septembre - Suite III)

- … Pourquoi, en me rencontrant, Elysa était-elle tellement inquiète pour toi?

Elle reste silencieuse. Le feu passe au vert, et comme il redémarre la voiture, il dit doucement:

- A Aingeal…  Je devine que la réponse n’est pas simple. Si tu ne veux pas m’en parler, je l’accepterai.

Elle se déplace sur son siège pour s’appuyer de l’épaule contre son bras.

- Tu as raison, ce n’est pas simple, parce que ça remonte très loin. Pour te répondre, je dois te parler de Sean.

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Après un autre silence, elle reprend d’une voix un peu hésitante :

- Sean est… était de six ans mon aîné. Quand il n’était pas à l’école, il était avec moi. Il veillait sur moi, me faisait rire, m’expliquait les choses, me lisait des histoires… Quand des copains venaient le chercher pour jouer, si j’étais réveillée il prétextait des leçons à terminer, pour rester avec moi. Sean était mon héros… toujours prêt à m’aider à découvrir le monde, toujours là pour m’en protéger. Il avait les cheveux presque blonds, tout bouclés, et de grands yeux d’un bleu intense. Il était beau comme le soleil, doux comme la lumière de la lune. Souvent nous n’avions pas besoin de nous parler pour savoir ce que nous voulions ou ressentions. Je me disais que j’avais soif et il allait me chercher à boire, il cherchait sa gomme et je la lui apportais, j’étais triste et il venait me consoler…

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(Dublin - 6 septembre - Suite II)

[…] L’orage a éclaté quand la voiture sortait de Dublin, et après avoir mis en route les essuie-glaces, il a enclenché le chauffage. Oona a incliné vers l’arrière le dossier de son siège et, une main sur la cuisse de Morgan, se dit qu’il est bien agréable de se laisser conduire en le regardant.

- Tu conduis bien. Tu aimes?

- Non.

- Comment, non? Si catégoriquement “Non”?

Il rit de son ton surpris, pose sa main sur la sienne.

- Je ne peux pas dire que j’aime, puisque cela ne me touche pas. La voiture a un nombre considérable d’avantages sur le cheval, c’est indéniable, mais j’ai du plaisir à faire une promenade avec Ocean tandis que je n’en ai pas à conduire une voiture. Donc j’apprécie les avantages, c’est tout. Est-ce que tu aimes conduire?

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- Non, mais c’est tellement pratique… Je sais que je ne pourrais pas m’en passer.

- Voilà, tout est là, c’est à peu près la même chose pour moi.

Ils approchent déjà de Durrow quand elle questionne :

- Est-ce que cela t’ennuierait que nous parlions de ce que tu as raconté tout à l’heure à Elysa?

- Je suppose que non.

-  Tu parlais de cette femme, en Espagne, la couturière… Où étais-tu, quand je te l’ai demandé?

- Oh… J’étais de nouveau là-bas, couché sur cette table dans la grande salle du château qui surplombait Huesca.

- Tu veux me raconter?

- Je peux…  répond-il après une hésitation. Si tu es sûre de le vouloir.

- J’en suis sûre.

Il semble indécis et paraît se concentrer sur la circulation, puis la regarde encore une fois avant de commencer :

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5 - Le Paradis et l’Enfer tout à la fois

[…]

Non… ça ne marche pas, son esprit ne veut pas s’intéresser à autre chose qu’à la Fée collée contre lui.
Qui murmure…

Qu’a-t-elle dit…?
C’était très doux…
Il n’a pas compris un mot.

- Mademoiselle…

Que c’est ridicule, ce “Mademoiselle”…
Elle passe encore sa langue sur ses lèvres.
Lentement. Celle du haut… puis celle du bas…
Il va fondre.
Ou prendre feu.
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Elle murmure encore…
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Le Temps, toujours le Temps…

Je n’avais pas eu celui de terminer le billet commencé hier aux aurores (Je vous raconterai ma journée d’hier une autre fois, car elle fut des plus longues et la matinée n’y suffirait pas…) qu’une étrange lumière m’attirait dehors. Rose… Sublime…

Je rentre aussitôt pour monter chercher à l’étage mon appareil photo. Ah… Flûte…! Je n’ai toujours pas changé les piles…!

Je redescends chercher d’autres piles. Dans le panier prévu à cet effet, j’en prends deux que j’insère derechef au bon endroit - si, si…! - et… Rien. Mon appareil fait toujours le mort. Fichtre! Je repars dans ma chambre chercher le chargeur. Aucune pile dans le chargeur…

Cela commence à bien faire, me dis-je.

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À plus de septante ans, Shane Ó hUaithnigh est un homme paisible à la voix toujours douce et à l’expression invariablement sereine. L’idée lui est venue un jour, on ne sait d’où, d’améliorer son ordinaire en achetant quelques poussines. Il les a élevées avec amour, ses poussinettes, il les a soignées, cajolées… Une fois adultes, ou même vieilles, elles ne risquaient pas de finir dans la marmite, puisqu’il n’a jamais été amateur de viande, même blanche. Lui, ce sont les oeufs, qu’il aime…

Dès le premier jour, les poussines se sont toujours ébattues librement dans le jardin, et quand elles ont eu atteint l’âge de pondre, chaque soir Shane a passé en revue chaque centimètre carré, chaque touffe d’herbe, à la recherche du premier oeuf.  En vain… Jusqu’à ce soir.

Le sort est contre lui, pourrait-on croire, puisque c’est de l’autre côté de la barrière, chez le voisin, que l’Irlandais en exil découvre ce tout premier oeuf. Sa pondeuse, ayant aperçu un petit lombric tout à fait irrésistible qui lui faisait de l’oeil depuis une motte de terre dans le champ attenant, s’est faufilée sous le grillage, quelques heures plus tôt. Avant de s’en retourner chez elle, satisfaite de son goûter, c’est là que, bien calée au centre d’une jolie touffe d’herbe tendre, la poulette a déposé une petite merveille couleur crème que quelques gouttes de rosée fraîchement tombées font luire sous le regard attendri et admiratif de Shane.

Mince…!

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[…] 

(Dublin - 6 septembre - Suite

[…] Morgan se ressaisit le premier, mais sa mélancolie passagère n’a pas résisté à ce fou rire. Il regarde tour à tour les deux femmes et, se penchant en avant, embrasse Oona sur la bouche, puis Elysa sur une pommette. Il prend la main de Oona, et ensemble ils prennent celles que leur tend Elysa.

- Je suis fille unique, dit-elle, mais j’ai l’impression que ça vient de changer.

Il fait Oui de la tête, et Oona baisse les yeux. C’est à Sean, qu’elle pense, et Elysa le devine à cette expression qu’elle connaît bien.

- Tu sais que tu le retrouveras bientôt, affirme Elysa en la regardant.

Oona lève des yeux interrogateurs et un peu tristes.

- Non, tu ne sais pas… continue Elysa, mais tu sauras. C’est drôle… Nous gardons tous plus de secrets que nous ne l’imaginons. En sortant du coma, j’avais découvert plus de choses que je ne t’ai dites, ma Belle. Je t’ai parlé des sensations… mais quelquefois il y a aussi des odeurs, et le son… 
 
(*)

Elle s’arrête en regardant Morgan droit dans les yeux, les sourcils levés, mais il ne bronche pas et elle poursuit :

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Des Questions, et encore des Questions… Je ne vous raconterai pas le dernier courrier que j’ai reçu par le biais de ma page “Contact”. Enfin… peut-être pas. Pas aujourd’hui, assurément.

Non, aujourd’hui je n’ai pas le temps, et je me fais l’effet de certaines feuilles en décembre : je ne sais pas si je vais tenir à mon arbre jusqu’au retour des jours cléments ou céder bientôt aux assauts trop violents des vents hivernaux. Je suis dans le doute…

“On” m’a dit que je dois mettre de l’ordre dans le “fouillis” sur mon bureau.

Je voulais vous prendre à témoin, en insérant ici une photo que j’aurais prise tout exprès dudit “fouillis”, mais il se trouve que les piles de mon appareil photo ont rendu l’âme. Las…! Voilà encore un projet sabordé par les effets létaux du temps, me dis-je.

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4 - Quand l’Un a Froid et l’Autre Chaud…


[…]

Il ose quelques doigts sur son front, repousse machinalement une mèche de cheveux châtains aux reflets roux…

Elle a les cheveux courts, avec des mèches plus longues qui s’arrondissent sur le front et sur les joues, dans le cou… Que faire? Elle ne bouge pas, il aurait cru qu’elle dormait s’il l’avait trouvée ainsi, mais il sait bien que non, et qu’elle a perdu connaissance en tombant. De peur, peut-être, à cause de sa chute, justement? Ou de saisissement, en le voyant…?

C’est stupide, à trente-cinq ans, il ne sait même pas ce qu’il faut faire d’une personne inconsciente. Faut-il essayer de la réveiller, ou au contraire, faut-il éviter…? Son front est un peu froid. Sa joue aussi. Son bras est encore plus froid que sa joue. Oh, qu’il n’aime pas ça…! Doit-il toucher encore autre chose?

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Allons… Oui…

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Within You

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[…]

(Dublin - 6 septembre)


Comme la soirée s’avançait loin dans la nuit, ils ont accepté la proposition d’Elysa et Ciarán de dormir chez eux. Restés tous les quatre, ils ont continué à parler jusqu’à l’aube, puis Morgan est allé à la voiture chercher leurs sacs, et ils sont finalement montés à l’étage.

Dès qu’il a eu refermé la porte de la chambre d’amis, elle est venue s’appuyer contre lui.

- Morgan…

Il attend une question, qui ne vient pas, et lui voit un air grave, presqu’inquiet.

- Qu’y a-t-il? Dis-moi… Que veux-tu savoir?

Il l’enlace, et caresse son cou de sa joue. Le corps de Oona est un peu raide contre le sien, et il devine sa question plus qu’il ne l’entend.

- Tu veux me faire un enfant?

Elle l’a senti se détendre si totalement qu’une seconde elle se demande s’ils vont tomber, mais il resserre son étreinte en se redressant. 
 
Il respire profondément, mais ne dit mot.

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